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LVMH, « 2026 ne sera pas simple… »
- « 2026 ne sera pas simple » prévient Bernard Arnault, un ton prudentadopté lors de la présentation des résultats annuels du groupe qui contraste fortement avec le message rassurant sur la dynamique commerciale qu’il s’était aventuré à donner début 2025. Le marché a sanctionné la publication du quatrième trimestre et le manque de granularité sur les tendances de début d’année (en cause notamment le décalage calendaire du Nouvel An Chinois par rapport à 2025) : le titre a perdu près de 8% sur cette publication. Pourtant, la croissance organique publiée au titre du T4, +1% (donc deuxième trimestre d’affilé positif après cinq en croissance organique négative) dépasse le consensus qui s’attendait à -0,3%, mais en fait, déçoit par son mix.
- Par catégorie en effet, le premier point notable est que la demande de la division phare Mode & Maroquinerie reste en retrait à -3% (hors FX) : certes le consensus sell-side attendait -3,2%, mais les investisseurs espéraient encore un rebond après un T3 à -2%. Les autres déceptions sont la forte détérioration dans les Vins et Spiritueux (-9% vs consensus -1,5%), confirmant les dernières rumeurs de presse sur le déclin à deux chiffres du Cognac, et, dans une moindre mesure, le recul des Parfums et Cosmétiques (-1% contre un consensus à +2,8%). En revanche, notons, comme chez Richemont, une surperformance marquée des Montres & Joaillerie (+8% contre un consensus à 0%, porté par Bvlgari et Tiffany dont la transformation en cours des boutiques et la montée en gamme commencent à porter leurs fruits) et de la Distribution Sélective (+7% contre +3,9% attendu, grâce à Séphora et son exposition élevée aux Etats-Unis).Par clientèle, l’attention des investisseurs se porte clairement sur le consommateur chinois dans la Mode & Maroquinerie, qui se stabilise par rapport au T3 mais demeure sous pression (en baisse de quelques points en glissement annuel) comme l’avait annoncé Richemont. Le consommateur américain, quant à lui, est le seul segment de consommateurs qui ralentit au T4, mais sur des bases exigeantes, quand les européens sont plutôt stables et le consommateur japonais se reprend au T4 (de -13% à -5%).
- Autre enseignement majeur de cette publication, plutôt une confirmation,l’excellence managériale du groupe, qui a une forte maîtrise des éléments contrôlables, à savoir ses coûts et son besoin en fonds de roulement. Dépenses opérationnelles, endettement et génération de trésorerie ont tous été meilleurs que les attentes, permettant ainsi de délivrer une marge opérationnelle au deuxième semestre 2025 de 21,3 % (+60 pb en glissement annuel) dépassant les attentes (19,9 %). Le fait que le marché n’ait pas salué cette performance opérationnelle nous rappelle que la clé de la performance boursière du groupe reste la dynamique de la demande, avec le nécessaire retour desconsommateurs aspirants et surtout chinois. Par ailleurs, il nous semble que toute amélioration supplémentaire de la rentabilité dans la Mode & Maroquinerie dépend également d’une accélération de la croissance, nécessaire pour compenser les vents contraires liés aux tarifs douaniers et aux devises : le poids des changes, qui a coûté près de 3% de CA en 2025, dont 6% sur le seul T4 avec un impact sur le résultat opérationnel estimé à 1MdE, va rester négatif en 2026.
- D’un point de vue boursier, 2025 avait été la deuxième année de sous-performance du secteur du luxe, cependant une nette inflexion a été notable au deuxième semestre avec le retour de l’appétit pour les titres les plus cycliques comme LVMH. Néanmoins, à 23x les bénéfices 2026, il nous semble que lemarché valorise déjà chez LVMH une normalisation de la demande qui n’est pas évidente encore et nécessitera une accélération claire de la Mode & Maroquinerie qui devrait être aidée par le renouveau créatif, notamment chez Dior, et une stratégie retail impactante chez Louis Vuitton.

