PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
Le contexte géoéconomique de 2026 semble se profiler dans la continuité de l’année 2025. Il restera encore très déterminé par la politique brutale du gouvernement américain actuel, une croissance économique nominale supérieure à 6% dans le monde, des niveaux de taux longs globalement au-dessus de 3% , des ménages sous pression dans l’ensemble des économies , des prix matières premières élevés et des performances solides en devise locale pour la plupart des indices boursiers.
- Aux Etats-Unis, l’administration américaine continue de capitaliser sur leur suprématie économique et militaire pour maximiser leurs intérêts à l’international (cf Groenland, droits de douane punitifs, intervention militaire…). Seule la Chine semble avoir les moyens et la volonté de lui résister. La politique intérieure de l’administration Trump devient davantage électoraliste pour gagner les midterms fin 2026. Toutefois, les consequences de la politique américaine ont érodé la crédibilité du $ et le softpower américain à l’international. La nomination de Kevin Warsh à la présidence de la FED renforce le statut du dollar et fait barrage au risque de dédollarisation.
- La croissance économique nominale est élevée dans les pays développés et les pays émergents portée par la consommation américaine, le cycle d’investissements long terme, les deficits publics et la fluidité du financement des entreprises.
- Au regard des deficits publics, d’une inflation au-dessus de 3% dans la plupart des zones économiques, de la croissance économique solide, les pressions à la hausse des taux longs risquent de perdurer.
- Les indices boursiers mondiaux continuent de s’apprécier. D’une part, ils constituent une réelle protection contre l’inflation sur le long terme. D’autre part, la croissance des bénéfices a été solide en 2025, et devrait l’être à nouveau en 2026. Elle est notamment tirée par les innovations dans les technologies de l’information, un environnement de taux favorable aux valeurs financières et plus largement une conjoncture favorable pour quelques autres secteurs.
- Le pouvoir d’achats des ménages reste sous pression et augmente le risque de politiques populistes et de repli sur soi tant en Europe, qu’aux Etats-Unis et en Asie.
- Le niveau de prix élevé des matières premières continue tiré notamment par l’appréciation des métaux précieux en réponse à la depreciation du $ et du cycle d’investissement en infrastructure vigoureux.
ALLOCATION D’ACTIFS
En février 2026, notre allocation d’actifs évolue peu.
- Le cash pour autant qu’il soit rémunéré offre un rendement tout juste ou au moins égal à l’inflation selon les zones.
- Nous maintenons notre opinion favorable sur les obligations compte tenu du niveau des rendements courants, tout en privilégiant les durations courtes et moyen termes pour se prémunir en partie du risque de pentification. Au-delà, notre hiérarchie d’investissement reste globalement inchangée : nous sommes davantage favorable à l’IG Corporate par rapport au HY et au souverain.
- Notre opinion sur les actions reste positive dans toutes les zones géographiques. Nous affinons légèrement notre exposition actions:
o D’une part, les mouvements de devises de janvier nous conduisent à être plus attentif à la sensibilité de l’investisseur final au $ contre sa monnaie de référence. D’autre part, le risque de dépréciation du $ nous conduit à sélectionner ce qu’il y a d’unique dans chaque zone monétaire. Plus accessoirement, les entreprises dont la proportion des coûts en $, en Yen ou Yuan est supérieure à la proportion de chiffre d’affaires en monnaie forte comme l’euro sont à privilégier.
o Plus généralement, nos recommandations sectorielles restent globalement inchangées: les banques (pente, bilan sain, dérégulation, taux élevés), l’aéronautique-défense, et les valeurs technologiques bien que volatiles en raison de l’incertitude de la répartition de la valeur ajoutée de l’IA. Nous ajoutons les majors pétrolières (politique américaine pro-hydrocarbure, marge de raffinage positive, prix du pétrole élevé, bilan sain).
- Enfin, bien que l’or se soit fortement apprécié en janvier, nous maintenons notre opinion favorable à l’or. Il fait office de valeur refuge et il se substitue en partie au dollar en tant que réserve mondiale.

