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ACTIONS AMÉRICAINES
Walmart: Every day low price
- Avec 713 Mds$ de chiffre d’affaires en 2025, publié le 19-02-2026, le CA de Walmart vient d’être dépassé par celui d’Amazon, qui devient la société totalisant le plus gros CA aux Etats-Unis. Pourtant, en bourse Walmart affiche une performance dividendes réinvestis en $ de x2.9 contre +26% pour Amazon au cours des cinq dernières années. Bien que les résultats de Walmart ont été tièdement accueillis par les investisseurs, la tendance à la surperformance boursière de Walmart sur Amazon a continué depuis le début de l’année : +12% vs -11%.
- Affichant de belles performances boursières, Walmart est aussi un poids lourd de l’économie américaine : 9% du commerce au détail américain, 20% de part de marché sur le commerce alimentaire américain, soit 2x plus gros que Kroger son premier concurrent sur ce segment. Walmart est surtout connu aujourd’hui pour ses3 566 Supercenter à fin janvier 2026, et ses prix défiant toute concurrence. 90% des foyers américains vivent à moins de 10 miles d’un Walmart. La surface moyenne des Supercenter est de 16 500 m² où sont vendus des denrées alimentaires ainsi qu’un large ensemble de biens de consommation, et de la pharmacie et services d’optique. Le premier supercenter de Walmart, ne date que de 1988, alors que Walmart gérait principalement des magasins discount depuis 1962. Après 10 ans de FCF négatif pour développer les supercenter, Walmart génère 3 Mds$ en 1997.
- Le milieu des années 2010 ouvre une nouvelle ère pour Walmart : celle de la transformation de Walmart en un leader du E-commerce aux Etats-Unis.
- A partir de 2015, Walmart concentre ses investissements dans l’Ecommerce et sa logistique. Ils passent de 2,5 Mds$ à 5 Mds$ en 2019. En 2018, Walmart stoppe l’expansion du nombre de magasins aux US : en 2014 5 Mds$ étaient investi et 2019 seulement 313 M$. Walmart fait également des acquisitions stratégiques dans le domaine : Flipkart en 2018 et Jet.com en 2016. A partir de 2022, Walmart accélère ses investissements en E-commerce, qui passent de 5,6 Mds$ en 2021 à 14.6 Mds$ en 2025.
- Aujourd’hui Walmart génère plus de 150 Mds$ de CA25 sur l’E-Commerce, soit un presque ¼ de son CA. Walmart reste encore loin derrière Amazon, dont le volume d’affaires de sa plateforme est de 800 Mds$. Aux Etats-Unis, la part de marché de Walmart est tout juste supérieure à 10% contre près de 40% pour Amazon en 2024.
- Toutefois, en 2024, les investisseurs perçoivent à travers les commentaires du management que l’E-commerce est sur le point d’être rentable, ce qui devient le cas durant les 4 trimestres de l’année 2025 et sa croissance continue d’être plus rapide que celle d’Amazon. En 2025, le CA E-commerce d’Amazon aux Etats-Unis croit de 10% contre 24% pour celui de Walmart.
- Les investisseurs saluent le succès de cette transformation à partir de mi-mai 2024, moment à partir duquel Walmart est mieux valorisé que les 100 plus grosses valeurs du Nasdaq. Mi-mai 2024, Walmart se paye 25x ses bénéfices. Aujourd’hui Walmart se paye 42x ses bénéfices contre 25x pour le Nasdaq100.
- A notre avis, alors que la croissance du résultat opérationnel attendu par le management pour 2026 est de seulement de 6-8%, Walmart peut potentiellement croitre plus vite ses résultats et ses free cash flow pendant plusieurs annéespour au moins trois raisons. La plus importante est que l’E-commerce passe d’un détracteur à la croissance bénéficiaire à un puissant contributeur. Si on devait appliquer la marge opérationnelle d’Amazon E-commerce Amérique du Nord soit 6% au CA E-commerce de Walmart, cela donnerait 9 Mds$ de résultat opérationnelcontre 31 Mds$ pour l’ensemble de Walmart en 2025. Ensuite, Walmart montre que son nouveau business model est solide et lucratif. Des groupes de distribution comme Costco, TJX, Casey’s avec des business model bien rodés se traitent à des multiples de valorisation de bénéfices supérieurs à 30x. Enfin, l’offre de marques blanches de Walmart attirent les américains dont le pouvoir d’achat est sous pression, et elle pourrait être davantage développer. L’ensemble de cesmarques totalisent au moins 40 Mds$ contre 68 Mds$ en 2023 pour Kirkland, la marque de Costco.
ACTIONS EUROPÉENNES
Airbus chute après des prévisions 2026
- En 2025, Airbus aura finalement réussi à légèrement dépasser son dernier objectif de livraisons commerciales, avec 793 appareils livrés contre 790 visés après les problèmes de qualité déclarés en décembre dernier. Le chiffre d’affaires du T4 est 2% inférieur aux attentes du marché compte tenu de performances plus faibles dans la division Commercial (-2% /consensus), qui représente plus de 70% des ventes du groupe au T4, et dans Défense & Space (-3% /consensus) mais supérieur dans Helicopters (+3% /consensus). Néanmoins, le résultat opérationnel, engendrant une marge de 11,5% (consensus à 10,8%), surprend positivement dans toutes les divisions et particulièrement dans Defense & Space. Néanmoins, ces solides résultats sont éclipsés par les prévisions 2026.
- Pour 2026, le groupe vise 870 livraisons d’appareils, montant inférieur au consensus, plus proche des 900. De plus, le résultat opérationnel attendu (7,5 md€) et le flux de trésorerie (FCF, 4,5 md€) sont nettement sous les attentes, respectivement à 8,3 md€ et 5,9 md€ ! Ce FCF attendu quasi-stable (il était de 4,6 md€ en 2025) est décevant face à des livraisons attendues en hausse de près de 10% par rapport à l’an dernier. Il reflète certainement les investissements plus élevés que prévu dans Spirit AeroSystems (dont il a repris des activités fin 2025) et peut-être également l’impact des inspections liées aux non-conformités du fuselage A320.
- Si l’on se penche sur les prévisions de livraisons, le principal décalage provient des cadences de l’A320 qui sont revues en baisse : 70 à 75 livraisons par mois sont désormais attendues en 2027 contre un objectif de 75 précédemment, celui-ci est désormais prévu pour 2028 seulement. Cela n’est pourtant pas une surprise pour le marché, Pratt & Whitney (RTX), un des deux motoristes du monocouloir avec son GFT, avait déjà averti qu’il rencontrait des problèmes majeurs de livraison pour des raisons techniques, industrielles et logistiques. Si les cadences sont inchangées pour les programmes long-courriers, l’A350 (12/mois en 2028) et l’A330 (5/mois en 2029), elles sont également modifiées pour l’A220 à 13/mois seulement en 2028 compte tenu de l’intégration des actifs de Spirit AeroSystems.
- Les problèmes de chaîne logistique que subit le groupe depuis plusieurs trimestres semblent donc désormais cantonnés au moteur GFT, les autres fournisseurs de l’avionneur revenant progressivement à des cadences de livraison normatives. Il est important de souligner que l’ajustement des cadences n’est doncpas dû à une faiblesse de la demande. Il est envisageable que le management soit volontairement conservateur après plusieurs années de déception sur les objectifs, d’autant qu’il n’a pas la main sur les difficultés de Pratt & Whitney.
- Un des répercussions à attendre de ce contexte de goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement est la poursuite de la discipline de capacité imposée pour le secteur aérien, qui soutiendra le prix des billets d’avion pour les compagnies aériennes et surtout augmentera les coûts de maintenance (MRO) dans la mesure où les appareils les plus anciens devront voler plus longtemps. Ceci est donc très positif pour un acteur comme l’allemand MTU Aero Engines, incontournable dans le MRO, et bien entendu pour Safran, dont le moteur CFM56 (qui a été remplacé par le LEAP dans les A320neo), moteur d’aviation civile le plus vendu au monde (encore plus de 22k en service) nécessitera davantage de maintenance, business ultra rentable pour Safran.
- Avec cette prévision, Airbus, fort d’un très solide carnet de commandes, espère réduire le risque de déception future sur la montée en cadence de ses monocouloirs et prouve qu’il arrive à préserver la discipline de ses marges. Depuis le début d’année, avant même cette publication, Airbus avait déjà bien sous-performé les motoristes (plus de 14% de différentiel de performance boursière par rapport à Safran par exemple), indiquant que les investisseurs s’attendaient à une prévision plus faible que le consensus. Parmi les avionneurs, puisque les livraisons de moteurs Pratt & Whitney vont limiter la production d’avions dans les mois à venir, Boeing bénéficie peut-être d’une trajectoire de reprise plus claire à court terme. Quoi qu’il en soit, les prochaines données effectives de livraisons de la part d’Airbus permettront de juger si les perspectives 2026 sont effectivement conservatrices, ce que la solidité des résultats 2025 nous inciterait à penser.

