PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
- L’arrêté de la cour Suprême des Etats-Unis du 20-02-26 supprimant les droits de douane « réciproques » et la guerre du golfe démarrée le 28-02-26 perturbent la stratégie d’investissement du printemps. Notre scénario global macro de mars se caractérise par une incertitude accrue par la politique commerciale américaine. La gestion des droits de douane par l’administration Trump perturbe la visibilité des entreprises. Toutefois la fermeté de l’emploi, le cycle d’investissement et la campagne électorale des midterms favorisent une croissance économique encore soutenue en 2026. Après s’être fortement apprécié en janvier et février, le pétrole a flambé en ce début de mois jusqu’à plus de 100$ le 09-03-2026.
- La hausse du prix des hydrocarbures si elle devait être temporaire n’est pas de nature à freiner drastiquement la croissance économique mondiale. Elle reste portée par la consommation américaine, le cycle d’investissements long terme, les déficits publics et la fluidité du financement des entreprises dans les pays développés. Aux Etats-Unis : la consommation est toujours robuste. L’investissement non résidentiel est également vigoureux. La montée en puissance de l’OBBBA est positive pour l’économie. L’année des midterms conduit l’administration de Trump à mener une politique en soutien du pouvoir d’achat des ménages (taux des cartes de crédit et mortgage des ménages, recherche de maitrise du cout de la santé). Au total pour 2026, le PIB américain devrait croitre de +2,5%, le chômage devrait s’établir à 4,5% (évolutions structurelles liées à la hausse de la productivité : croissance avec moins d’emploi), l’inflation en 2026 résistante attendue autour de 3% (droits de douane, santé, électricité, essence). En Europe la croissance se reprend (1,5% en 2025) mais elle est concentrée sur quelques secteurs aéronautique, défense, tourisme, infrastructure, banques. La demande domestique prend graduellement le relai du commerce international. Au total pour 2026 : la croissance du PIB devrait être +1,2%/1,3%, le chômage devrait resté inchangé autour de 6,5% et l’inflation pourrait dépasser la prévision de la BCE à 1,9% si le conflit en Iran perdure.
- Concernant les taux courts, ils devraient être stables en Zone Euro et en Suisse, en baisse forcée aux Etats-Unis attendue à partir de l’été 2026, en baisse graduelle en Angleterre, en hausse graduelle au Japon.
- La hausse des taux longs devrait être limitée, portée par la détérioration des finances publiques dans un contexte de forts investissements – défense, énergie, technologie de l’information, vieillissement démographique, et de taux directeurs sous pression politique à la baisse. Le mouvement de pentification s’est réduit depuis décembre 2025 (10-2ans US= 57 bps le 27-02- 2026 contre 70 bps le 31-12-2025 car les émissions du Trésor sont centrés sur le court terme. Les spread de crédit corporate sont encore très resserrés.
- La croissance des bénéfices devrait continuer à être un moteur pour les actions. Au 27-02-2026, les bénéfices du T4-25 du S&P500 sont en hausse de 14,3% selon LSEG. L’espoir de croissance des bénéfices pour le S&P500 pour 2026 est de 15%.
- Un prix du pétrole durablement très élevé réduirait fortement les perspectives de croissance.
ALLOCATION D’ACTIFS
Dans ce contexte, notre allocation d’actifs et nos opinions sectorielles évoluent :
- Le cash pour autant qu’il soit rémunéré ou en attente d’être investi offre un rendement tout juste ou au moins égal à l’inflation selon les zones.
- Nous maintenons notre opinion favorable sur les obligations compte tenu du niveau des rendements courants, tout en privilégiant les durations courtes et moyen termes pour se prémunir en partie du risque de pentification. Au-delà, notre hiérarchie d’investissement reste globalement inchangée : nous sommes davantage favorable à l’IG Corporate par rapport au HY et au souverain.
- Nous adoptons une position neutre sur les actions dans l’attente d’un déblocage du détroit d’Ormuz. Nous sous-pondérons la zone émergente, plus sensible à la situation au Moyen-Orient.
- Nos opinions sectorielles actions évoluent. Le scénario favorable aux banques est en partie remis en cause en raison de la montée du risque du crédit privé leveragé dans la technologie et la matérialisation du risque dans le segment immobilier commercial (bureau essentiellement). Nous maintenons notre avis favorable à l’aéronautique défense (avions commerciaux, réarmement, tensions géopolitiques). Au Japon, nous privilégions les valeurs exportatrices favorisées par la faiblesse du Yen. Nous privilégions également les secteurs bénéficiaires du plan de relance (défense, énergie, nucléaire, etc.). La pentification à l’œuvre dans cette zone géographique porte encore les financières. La dislocation du secteur technologique sous l’effet de l’IA avec des gagnants (semiconducteurs) et des perdants (logiciels) se poursuit. Les majors pétrolières profitent d’une conjoncture plus favorable (politique américaine pro hydrocarbure, marge de raffinage positive, prix du pétrole plus élevé). Les majors pétrolières américaines devraient davantage profiter du contexte au Moyen-Orient compte tenu de leur faible exposition à cette zone.
- Enfin, bien que le prix de l’or soit volatil et en dessous de son plus haut, nous maintenons notre opinion favorable à l’or. Il fait office de valeur refuge et il se substitue en partie au dollar en tant que réserve mondiale.

