PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
Début 2026, le risque géopolitique revient sur le devant de la scène, ravivant l’incertitude, mais le scénario macroéconomique reste solide. Avec la guerre commerciale, les fondamentaux de la croissance ont évolué, se concentrant désormais sur les dynamiques domestiques plutôt que sur les exportations.
- Aux États-Unis, au 3T25, la croissance a surpris à la hausse (+4,3% en variation trimestrielle annualisée) et devrait continuer sur cette lancée malgré un ralentissement attendu au 4T25 en raison du Shutdown. La consommation reste solide (salaires et bilans des ménages sains), tout comme les investissements privés non résidentiels (notamment tirés par les technologies). Les retombées positives de l’OBBBA devraient s’amplifier. Dans l’ensemble, la légère augmentation du chômage est attribuable à des changements structurels (la hausse de la productivité permettant à la croissance de se poursuivre malgré l’emploi plus faible).
- En Zone Euro, la croissance a également surpris à la hausse (+0,3% en variation trimestrielle au 3T25, soit +1,2% annualisée). L’investissement est le moteur de la reprise, notamment dans le domaine de l’IA, tandis que la consommation est à la traîne (taux d’épargne élevé). L’Europe bénéficie également de ses avantages comparatifs (aéronautique et défense, tourisme, notamment en France).
- En Asie, les perspectives globalement stables reposent sur les plans gouvernementaux : la relance annoncée en novembre au Japon et les mesures précises accompagnant le 15ème plan quinquennal qui seront annoncées en mars en Chine.
Malgré les péripéties en cours au Venezuela, nous estimons que les prévisions d’une forte augmentation de l’offre mondiale de pétrole sont prématurées. Les investissements nécessaires sont colossaux et la situation politique reste trop fragile pour permettre une planification sereine. Notre objectif pour le prix du Brent est ramené à 60 USD/baril, la prime géopolitique ayant désormais pratiquement disparu. Tout revirement de la situation en Iran pourrait faire remonter les prix vers 65 USD/baril. Dans l’ensemble, notre scénario sur le pétrole ne modifie pas fondamentalement les perspectives.
Au cours des prochaines semaines, certains événements spécifiques devront être suivis, notamment : la suite des développements géopolitiques ; le rattrapage statistique aux États Unis ; le budget français 2026 ; les décisions de la Cour Suprême des Etats-Unis concernant le poste de Lisa Cook au FED et l’utilisation de l’IEEPA pour introduire des droits de douane réciproques ; et la succession de J. Powell à la tête du FED.
ALLOCATION D’ACTIFS
En janvier 2026, notre allocation d’actifs évolue afin de refléter notre vision d’une croissance robuste et de l’accentuation de la pentification des courbes de rendement résultant de la hausse des taux longs (domination des dynamiques domestiques, tirées par les investissements et la relance budgétaire).
- Notre opinion sur les actions reste positive et nous voyons désormais des opportunités dans toutes les zones géographiques (notamment en Europe et au Japon que nous surpondérons désormais).
o En Europe, les bonnes perspectives économiques devraient soutenir le rattrapage des actions. Au Japon, le plan de relance devrait continuer de profiter aux secteurs bénéficiaires (industries, notamment nucléaire, défense et technologie), tandis que la dépréciation du Yen continuera d’aider les exportateurs.
o Plus généralement, nos recommandations sectorielles restent inchangées. Les banques (à l’exception des banques régionales américaines exposées au crédit subprime) continueront de bénéficier de la pentification des courbes de rendement, de la volatilité (revenus de trading), d’une économie robuste (faibles défaillances) et de la déréglementation en cours (en particulier aux États-Unis). Les troubles géopolitiques restent un soutien indéniable à l‘aéronautique et à la défense. Le secteur technologique reste incontournable, mais la sélectivité doit primer, en particulier aux États-Unis.
- Nous dégradons notre vue sur le fixed-income, qui passe de surpondérer à neutre, compte tenu de la pentification des courbes de taux et du maintien de spreads historiquement resserrés. En effet, le risque de pertes en capital lié aux hausses de taux ou de spreads, en particulier sur les échéances les plus longues ne peut être écarté. Ce changement se traduit en une dégradation de notre vue sur les emprunts souverains européens et américains, qui passent de neutre à sous-pondérer, et des obligations d’entreprises IG européennes et américaines, qui passent de surpondérer à neutre. Au delà, notre hiérarchie d’investissement reste inchangée : nous continuons de privilégier les obligations IG par rapport au HY, compte tenu des niveaux de spread.
- Nous relevons notre vue sur le cash de sous-pondérer à neutre, car nous pensons que la trajectoire de la politique monétaire est claire et stable en Zone Euro (taux de la facilité de dépôt à 2 %), ce qui permet de sécuriser le rendement.
- Enfin, avec le retour des troubles géopolitiques (événements récents au Venezuela et risques entourant l’Iran), nous revenons à une surpondération de l’or par rapport à une position neutre auparavant.

