PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
• Le scénario global macro de juin se caractérise par une incertitude extrême liée au conflit au Moyen-Orient, mais, à l’inverse, par une solide dynamique du cycle d’investissement. La fermeté de l’emploi, la dynamique du cycle d’investissement et la campagne des midterms favorisent la croissance aux États-Unis.
• Le prix du pétrole élevé et son incidence défavorable sur les taux d’intérêt risquent de perdurer, fragilisant les perspectives de croissance en Asie, dans les émergents et en Europe. Toutefois, ce choc pourrait être mieux absorbé grâce à la montée de l’électrique, au contournement d’Ormuz et à la réduction relative du Moyen-Orient dans l’offre mondiale au profit du continent américain (USA + Amérique latine + Canada), ainsi qu’aux économies forcées de consommation d’essence.
• Aux États-Unis : la croissance du PIB et le chômage sont prévus à +2,3% et ~4,5% ; l’inflation tangentera 4 % dès l’été 2026 (essence, droits de douane, santé, électricité). La consommation reste robuste, l’investissement est vigoureux et les effets positifs de l’OBBBA se matérialisent. L’année des midterms, synonyme de soutien au pouvoir d’achat des ménages, est favorable.
• En Europe : la croissance est en décélération par rapport aux prévisions de début d’année. La BCE a révisé ses prévisions à 0,9 % de PIB et 2,6 % d’inflation pour 2026. Le choc pétrolier s’ajoute à la perte de compétitivité structurelle de l’Europe vis-à-vis du reste du monde.
• Banques centrales : la politique monétaire est remise en cause par la guerre au Moyen-Orient. Une hausse de 50 bps est probable d’ici fin 2026 par la BCE. La FED ne devrait pas baisser les Fed Funds en juin 2026, mais le FOMC adopte un biais haussier. En Suisse, la stabilité est attendue. En Angleterre, le prochain mouvement est une hausse de 25 bps. Au Japon, la hausse devrait être graduelle, avec un taux directeur compris entre 1% et 1,25% en 2026.
• Taux longs : nous nous attendons à une hausse contenue, portée par la détérioration des finances publiques dans un contexte de forts investissements et d’une hausse généralisée des prix. Le mouvement d’aplatissement de la courbe des taux est toujours présent en mai : le 10–2 ans US est à 44 bps au 29/05/2026, contre 68 bps fin 2025 ; le 10–2 ans allemand est de 40 bps au 29/05/2026, contre 73 bps fin 2025. Les spreads de crédit corporate restent toujours écrasés : BBB Europe 4 ans : 85 bps fin mars 2026, 72 bps au 29/05/2026 et 89 bps fin 2025.
• Actions : la croissance des bénéfices est un puissant moteur pour la bourse. Aux États-Unis, les perspectives de croissance bénéficiaire restent étonnamment robustes. Au 29/05/2026, la croissance des bénéfices du S&P500 du T1-26 est de 29%, hors énergie +30,7%. Pour 2026, la croissance des bénéfices du S&P500 est de 25%, contre 15,6% au début de l’année.
ALLOCATION D’ACTIFS
Dans ce contexte, notre allocation d’actifs et nos opinions sectorielles évoluent peu :
• Position neutre maintenue sur les actions justifiée par la dynamique bénéficiaire déjà bien intégrée dans les cours en mai par les investisseurs. La forte hausse des hydrocarbures est défavorable aux pays émergents, à l’Asie et à l’Europe. Le marché US est moins sensible au pétrole et la valorisation du S&P500 s’est faiblement détendue au total : 22x au début de l’année contre 20,9x au 04/06/2026, à la faveur de bons résultats trimestriels au T1-2026. Nous continuons de privilégier notre exposition actions aux marchés américains, offrant des actifs à la fois de qualité et profitant de l’économie numérique.
• Obligations : Nous privilégions la duration courte. Nous maintenons une position neutre sur les taux souverains. La pente de la courbe des rendements se tasse. Nous maintenons le crédit à neutre pour les États-Unis et l’Europe, et à sous-pondérer pour les émergents, compte tenu du risque d’écartement des spreads.
• Opinions sectorielles : Nous maintenons notre position neutre sur les banques en raison de l’aplatissement de la courbe des taux mais les banques de Wall-Street profitent de la dynamique financière du marché (IPO, M&A). Nous maintenons notre biais positif pour les valeurs d’aéronautique-défense, avec une préférence davantage marquée pour les valeurs de défense, qui devraient continuer à bénéficier du restockage dans les années à venir. Nous observons toujours une dislocation boursière entre les valeurs gagnantes et perdantes de l’IA générative (semi-conducteurs, logiciels). Toutefois, le secteur des logiciels rebondit timidement en bourse depuis fin mars/mi-avril, mais reste 20% à 25% en deçà de son record de fin octobre 2025. IBM et Microsoft font partie des valeurs les plus résistantes. Le secteur des semi-conducteurs (SOX Index) enregistre de nouveaux records en mai, progressant de plus de 96% depuis le début de l’année en $, dont la moitié de la performance en mai 2026. Notre préférence reste orientée vers les grandes valeurs technologiques leaders sur l’IA générative. Nous maintenons également un avis favorable aux majors pétrolières. Boursièrement, leur parcours reste volatil selon les informations relatives au cessez-le-feu dans le Golfe. Nous avons également un biais favorable envers les équipementiers électriques, ainsi que les valeurs de distribution américaines, qui profitent des tensions sur le pouvoir d’achat des ménages et de la poursuite de la croissance rentable du E-commerce.
• Nous réduisons à neutre l’exposition à l’or. La remontée des taux lui est défavorable.
• USD : il bénéficie de son statut de valeur refuge et de l’anticipation d’un biais haussier au FOMC.
• Nous réduisons à neutre l’exposition au pétrole : le prix demeure autour de 100$/baril tant que le détroit d’Ormuz n’est pas débloqué.

