PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES
- Le prix du pétrole pourrait rester élevé en 2026. Le scénario global macro d’avril se caractérise par une incertitude extrême liée au conflit au Moyen-Orient et à la politique commerciale américaine. Toutefois, la fermeté de l’emploi, la dynamique du cycle d’investissement et la campagne des midterms favorisent la croissance aux États-Unis.
- Le prix du pétrole élevé et son incidence défavorable sur les taux d’intérêt risquent de perdurer, fragilisant les perspectives de croissance en Asie, dans les émergents et en Europe. Toutefois, ce choc pourrait être mieux absorbé grâce à la montée de l’électrique, le contournement d’Ormuz et la réduction relative du Moyen-Orient dans l’offre mondiale au profit du continent américain (USA + Amérique Latine + Canada).
- Aux États-Unis : La croissance du PIB et le chômage sont prévus à +2,3% / +2,5% et ~4,5%, l’inflation dépassera 3,5% en juin. La consommation reste robuste, l’investissement est vigoureux, et les effets positifs de l’OBBBA se matérialisent. L’année des midterms, synonyme de soutien au pouvoir d’achat des ménages est favorable.
- En Europe : La croissance est en décélération par rapport aux prévisions de début d’année. La BCE a révisé ses prévisions à 0,9% de PIB et 2,6% d’inflation pour 2026. Le choc pétrolier s’ajoute à la perte de compétitivité structurelle de l’Europe vis-à-vis du reste du monde.
- Banques centrales : les perspectives de baisse des taux courts sont remises en cause par la guerre au Moyen-Orient. Nous attendons une hausse probable jusqu’à 50 bps de la BCE d’ici fin 2026, une absence de baisse des Fed Funds, une stabilité des taux de la BNS, une hausse des taux de la BoE de 25 bps, et des taux de la BoJ à 1% / 1,25% en 2026.
- Taux longs : nous nous attendons à une hausse contenue, portée par la détérioration des finances publiques. La perspective d’une hausse généralisée des prix comme certains précédents chocs énergétiques ne fait pas l’objet d’un consensus des investisseurs.
L’aplatissement de la courbe des taux a continué en mars 2026 :
10-2 ans US = 52 bps le 31/03/2026 contre 70 bps le 31/12/2025 ;
10-2 ans Allemand = 39 bps le 31/03/2026 contre 73 bps le 31/12/2025.
Les spreads de crédit corporate sont en légère hausse (BBB Europe +30 bps à fin mars par rapport au plus bas de début février).
ALLOCATION D’ACTIFS
Dans ce contexte, notre allocation d’actifs et nos opinions sectorielles évoluent :
- Position neutre maintenue sur les actions dans l’attente d’un déblocage du détroit d’Ormuz. La forte hausse des hydrocarbures est défavorable aux pays émergents, à l’Asie et à l’Europe. Le marché US est moins sensible au pétrole et la valorisation S&P 500 est passée de 22x à moins de 20x.
Au 02/04/2026, le consensus de croissance des BPAs du S&P 500 est évalué à 19% pour l’année 2026 selon LSEG I/B/E/S, en accélération par rapport aux prévisions de fin d’année 2025 de 15,6%. - Obligations : Nous privilégions toujours la duration court-moyen terme. Nous maintenons la position neutre sur les taux souverains, tiraillés entre son rôle d’actif refuge et le risque d’une prime d’inflation. La pente de la courbe des rendements se tasse. Nous dégradons le crédit à neutre pour les US et l’Europe et sous-pondérons les émergents compte tenu du risque d’écartement des spreads.
- Opinions sectorielles : Nous maintenons notre position neutre sur les banques (risque crédit privé leveragé, immobilier commercial). Nous maintenons notre biais positif pour les valeurs d’aéronautique-défense. Nous observons toujours une dislocation boursière entre les valeurs gagnantes et les perdantes de l’IA génératrice (semi-conducteurs, logiciels). Nous maintenons notre avis favorable aux majors pétrolières.
- Nous maintenons l’exposition à l’or après le repli des cours au T1 2026, en anticipation des hausses de taux des banques centrales.
- USD : La guerre dans le golfe permet au dollar de retrouver momentanément sa valeur refuge.
- Pétrole : Le prix demeure au-dessus de 100 $/baril tant que le détroit d’Ormuz n’est pas débloqué.

